Espace Sétois de Recherche et de Formation en Psychanalyse

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JP Guillemoles - 14 mai 2016 - "Mommy", ou un partenariat toxique

 

« MOMMY », OU UN PARTENARIAT TOXIQUE

                                                                                                  Jean-Paul Guillemoles, mai 2016

 

 

Récemment, s’est répandu le terme partenaire toxique, en référence au vocabulaire des conduites addictives.
L’ouvrage « les parents toxiques, comment échapper à leur emprise », de Susan Forward, est encore un succès de librairie.

A l’époque de la montée au zénith de l’objet a, déjà signalée par J. Lacan puis par J A Miller pour rendre compte de prédominance et de la pluralité des jouissances, moins régulées par le signifiant du nom du père,
le langage psychiatrique vient fournir imaginairement un support idéologique aux diverses situations.

Sur ce plan imaginaire, dans le discours courant, l’appellation partenaire toxique permet de faire l’économie d’une implication subjective en négligeant la participation  de celui qui s’en plaint : le « kakon » est chez l’autre.
Celui qui définit l’autre comme toxique fait l’économie de sa participation à ce lien destructeur. (Ce qui n’empêche pas dans certains cas l’existence de relations dites toxiques).

A partir de là, sur internet, une quantité de sites enseignent comment savoir reconnaître à partir de certains traits le partenaire toxique comme l’on apprend à identifier les champignons vénéneux.

Ceci nous renvoie à la distinction subtile qu’opère François Ansermet entre le toxique et le poison. Derrière le poison il y a l’intentionnalité d’un sujet, comme en témoignent les procès des empoisonneuses célèbres,
Le toxique lui, renvoie au discours de la science, à un savoir objectivé coupé d’une intentionnalité, d’une expression d’un désir ou d’une haine.

Quelle est l’étymologie de ce qualificatif de toxique ? Ce mot vient, par l’intermédiaire du latin, du grec « toxicon pharmakon », poison dont on enduit les flèches. Toxos est le nom grec désignant un arc.

Toxique au sens de poison est rare avant le XVIème siècle avant de prendre le sens actuel au XIXème siècle, au moment où se développe l’économie capitaliste.
A partir de là, il y a prédominance progressivement et plus nettement à la fin du XXème et au début de celui que nous vivons, de l’objet de jouissance :
« Tous les modes d’expression de la jouissance sont tolérés dans nos sociétés occidentales à une exception près : il faut le consentement du partenaire. »

C’est dans ce contexte que s’est répandu le terme partenaire toxique, alors que parmi les professionnels le terme d’addictions s’est progressivement substitué à celui de toxicomanie.
Dans les usages actuels, il a l’inconvénient d’avoir suscité une spécialité inflative qui étend cette notion à tout un ensemble de conduites.
L’addictologie range toute une série d’individus sous un monosymptôme qui ne tient pas forcément compte de la singularité du sujet et risque de le réduire à son symptôme.
C’est en quoi l’orientation analytique se trouve interrogée par cette démarche.

 « La généralisation du terme addiction, nous dit J A Miller, est le symptôme qui réalise l’accomplissement de cette prédominance de l’objet.
Addict est donc le nom de symptôme de la Jouissance et le succès du terme rend manifeste le triomphe de cette dernière sur le désir, enraciné qu’il est dans une division du sujet que précisément l’addiction à quelque substance que ce soit fait s’évanouir. »[1]

 

Le partenaire toxique

Il sera abordé à partir du partenaire symptôme en référence au séminaire du même nom de Jacques Alain Miller. Pour définir le partenaire-symptôme, selon Alexandre Stevens,[2] « ça n'est pas l'illusion de l'autre qui vient me compléter.
Si on prend la femme comme partenaire-symptôme d'un homme, ce n'est pas l'illusion de l'autre qui vient me compléter,
[] l'illusion du « on fait un. » Ça, c'est une illusion imaginaire qui est heureuse, mais qui ne dure pas.
Au-delà, il y a une pragmatique, n'est-ce pas, entre choix, décision et contingence de la rencontre.
C'est à partir de ça qu'une femme peut parfois occuper cette place de partenaire-symptôme pour un homme en venant localiser pour ce dernier son trait de jouissance singulier.»
[3]

Le partenaire, c’est celui avec qui l’on joue sa partie précise J A Miller qui va préciser que, derrière le petit autre, il s’agit d’un débat interne avec la pulsion.
« Ce désir de l’Autre qui me sollicite, qui m’incite, qui veut quelque chose de moi qui me dérange dans ma routine je peux aussi le haïr, désirer l’exterminer, détester ses manifestations, effacer ses signes.
Il y a la jouissance et à ce niveau-là justement, on ne peut pas se reconnaître soi-même. A ce niveau-là on n’a pas de partenaire humain que ce soit de l’autre sexe ou du même sexe Là, il y a une exigence qui est sans relâche, la pulsion
[...].
Elle n’a pas de visage, elle n’a pas de tête, elle est acéphale. Elle n’est pas non plus accrochée à la personne de l’autre, elle ne cherche qu’à s’accomplir, qu’à boucler sa boucle sur elle-même par le moyen de quelque chose qui permette au corps de jouir de lui-même. [4] »
Le véritable partenariat toxique est donc avec la pulsion.

 

Ceci est bien différent de la relation au partenaire amoureux qui se situe dans une dimension de désir, où dans ce cas « l’amour vient permettre à la jouissance de condescendre au désir » [5]
S’inscrit là une dimension de manque, qui fait, nous dit Lacan, que « la jouissance du corps de l’Autre n’est pas le signe de l’amour »[6].

Au contraire, dans le partenariat toxique, l’altérité n’est pas soutenue par l’Autre du symbolique, et par conséquent la prédominance du registre imaginaire selon l’axe a-a’ entraine fatalement,
dans cette domiciliation du toxique chez un autre, une alternance d’amour passionnel et de rejet destructeur où se joue avec l’autre comme partenaire imaginaire, le partenariat réel avec la pulsion.

Le partenariat toxique serait il un extrême du partenaire symptôme ?

 

Un exemple paradigmatique : Mommy

Il nous est fourni par le cinéma contemporain : le film du jeune réalisateur canadien Xavier Dolan intitulé Mommy illustre parfaitement ce partenariat toxique qui ira crescendo jusqu’au dénouement fatal.

En voici le scenario : Steve adolescent de 15ans vient d’être renvoyé d’une institution pour adolescents difficiles ; il a mis le feu dans l’établissement, un de ses camarades est sévèrement brûlé et sa mère vient le rechercher, sans bien prendre en compte la situation.
«
Ce n’est pas parce qu’on aime quelqu’un qu’on peut le sauver.» dit la directrice  en recevant sa mère.  

«Les sceptiques seront confondus», répond à la directrice Diane, la mère de Steve.
Aveuglée par la demande d’amour de son fils, et voulant ignorer ses propres sentiments ambigus vis à vis de lui, elle ne se rend pas compte que la solution d’un retour à la maison sera en même temps un problème.
De son côté, engagé dans « la plus délicate des transitions »[7] Steve ne va pas trouver chez sa mère, veuve et en situation précaire, l’appui symbolique qui lui permettrait de construire une place à lui.

C’est en effet une figure moderne d’adolescent dans un monde en crise des idéaux. Monde violent, marqué par l’inconsistance de l’Autre.
Il est porteur d’une dimension de démesure, d’un débordement de jouissance qui fait effraction. Ses crises sont référées au TDAH,   
(
Trouble du Déficit de l'Attention avec Hyperactivité) (TDA/H figure hybride de la nouvelle nosographie psychiatrique basée sur le DSM.)

Identifié au TDAH, Steve est enfermé dans ce bricolage diagnostique moderne ; d’abord présentée sous les espèces de l’hyperactivité, puis en privilégiant le déficit de l’attention, enfin en ajoutant un troisième item « l’impulsivité ».
« Nous avons là nous dit Daniel Roy une création nosographique bien mal formée. Si mal formée que la liste de ses comorbidités recouvre quasiment tous les autres « troubles » que peut présenter un enfant, ce qui rend impossible d’établir un diagnostic différentiel. »
Ce film montre bien l’usage pour le plus grand profit des firmes pharmaceutique de médicaments tels la ritaline ou le concerta, abondamment prescrits en Amérique du Nord à la suite d’une extension massive de ce diagnostic.

Steve va donc se retrouver chez sa mère. Tout va se dérouler dans un quotidien sans distance, marqué par des échanges verbaux d’une grande crudité, avec une violence verbale et parfois physique, où l’insulte est le quotidien des échanges.
« L'insulte, nous dit Jacques-Alain Miller, c'est l'effort suprême du signifiant pour arriver à dire ce qu'est l'autre comme objet a, pour le cerner dans son être, en tant justement que cet être échappe au sujet ».[8]
Se met en place cette dimension symptomatique de la relation où un discours ne vient pas réguler une violence pulsionnelle, n’institue pas des places symboliques, d’où sa dimension toxique.

L’éveil pulsionnel de cet adolescent ne trouve donc pas de limites dans la passion de l’Un qui le fixe à sa mère : « toi et moi on s’aime » dit Steve « je veux toujours être là pour toi ».
De son côté sa mère lui donne en fait une place d’objet phallique « Nous deux, c’est ce qu’on fait de mieux » dit-elle. « Tu es mon prince, mon loup » ajoute-t-elle à un autre moment, tout en essayant vainement de le remettre à une place d’enfant. 
Peu de références à un père dans le discours maternel, même si le signifiant du nom-du-père a pu être efficient dans la construction de Steve avant le décès de ce père.
Mais dans ce moment critique de l’adolescence, il n’est plus supporté par quelqu’un, mais reste présent sous forme de traces signifiantes.
A peine installé dans sa nouvelle maison, il réclame d’ailleurs les photos de son père pour les installer dans sa chambre, les contemple longuement, et écoute en boucle des morceaux de musique enregistrés par ce père.
Serait-il une figure de père imaginaire ? Il est difficile de faire un diagnostic sur un personnage de fiction, toutefois on ne note chez Steve aucun déficit du sentiment de la vie qui pourrait orienter vers une psychose.
D’autre part les superbes images de Steve sur son skate donnent le sentiment qu’il a un corps.

De son côté, en proie à des difficultés matérielles, Diane, sa mère, ne parvient pas à concilier sa vie  professionnelle et une fonction maternelle marquée par une grande ambivalence.

Elle va tenter sans succès de canaliser le tourbillon pulsionnel chez son fils qui ne trouve pas les limites entre la femme et la mère dans des échanges très sexualisés.

Seule une voisine, Kyla, enseignante en congé sabbatique, bloquée dans son expression verbale après la perte d’un jeune fils, viendra faire tiers dans ce partenariat à la suite d’un moment explosif.
Elle visera à imposer à Steve une distance vis à vis d’elle même qui permette un lien désérotisé et secondairement un accès au savoir.
Elle va en effet donner des cours à Steve et avoir le fonction symbolique de celle qui dit à la fois « mon corps t’est interdit » face à des gestes trop familiers,
et qui énonce simultanément : un « oui tu peux » accéder à une école d’art aux USA, réintroduisant ainsi la fonction de l’idéal du moi.

Au contraire DIE, diminutif de Diane, (on remarque l’homophonie avec to die en anglais) répond symétriquement à son fils sur l’axe imaginaire en rivalisant avec lui de grossièreté dans son langage.
Cet amour passionnel dans son expression violente et sexualisée ne laisse pas à Steve sa place de sujet, ne le reconnaît pas dans sa double position d’encore enfant et d’homme en devenir.
Par exemple en violant l’intimité de son autoérotisme par une intrusion dans sa chambre et des paroles crues. Dans un double lien, elle lui demande à la fois d’être son enfant et de faire l’homme.
Elle l’enferme ainsi dans ego violent, transgressif et séducteur.

De plus, elle rompt à chaque fois le lien maternel par une réaction brutale. Ce sera le cas après une phlébotomie de Steve dans un supermarché, acting out pour soutenir l’appel de sa part à un amour absolu.

Die a atteint les limites de l’amour. Elle est confrontée à sa division, inextricable pour elle, entre la femme et la mère.
Elle décide de  conduire son fils, en compagnie de Kyla lors d’une promenade heureuse, qui a tout à fait l’allure d’un pique-nique, vers un centre psychiatrique carcéral, but secret de la promenade.
Le choc pour Steve est rude lorsqu’il voit les gardiens.
Il hurle à la trahison, insulte sa mère et Kyla et une fois enfermé, médicamenté, dès qu’il sera libéré de sa camisole de force, il va s’enfuir en fonçant dans un couloir fermé vers une baie vitrée.
C’est la fin du film.
Est ce que l’insupportable pour lui de la séparation d’avec sa mère va le conduire à la mort ? L’auteur nous laisse sur cette interrogation.  

 

 

Steve et sa dépendance toxique

Pierre Malengreau analyste, dans une intervention concernant les addictions souligne les points suivants, qui paraissent congruents avec le personnage cinématographique qu’incarne Steve.
L’expérience de dépendance se situe toujours du côté des excès, du côté de ce qui est en trop. C’est en cela dit-il que nous pouvons parler de jouissance.
D’autre part, un sujet dépendant est un sujet désorienté. Car il règle sa conduite non pas sur l’idéal ou sur des coordonnées symboliques, mais sur sa jouissance de l’objet.

Le manque est à l'horizon de la moindre des expériences de dépendance remarque aussi Pierre Malengreau.
Pour Steve, la phlébotomie intervient après que sa mère redevenue femme pour l’occasion se soit fait courtiser par un voisin juriste qui aurait pu l’aider par rapport à la plainte concernant l’incendie dans l’institution dont il a été renvoyé.
L'Un de sa jouissance, entamé pour Steve par la soirée de sa mère avec le voisin, le confronte au ratage, à son impossible.

A partir de cette rencontre avec l’impossible, c’est à dire avec le réel de la castration, Steve n’entend plus les paroles raisonnables et encourageantes de Kyla.
C’est là que dans un acting out spectaculaire, il se tranchera comme nous l’avons vu les veines dans un supermarché.

De son côté, sa mère dans un agir symétrique, le conduira en hôpital sans lui en dire un mot, mais face aux infirmiers qui tentent de le maîtriser, elle hurlera sa douleur.   

Cette approche comportementale, sans ouverture à la parole, débouche logiquement sur un usage prédominant du médicament et de la contention.
Steve se révolte contre le fait d’être assimilé à des « dingues » mais n’a pas de retours qui pourraient l’aider à être.

 

La démarche diagnostique peut poser question à l’adolescence étant donné la multiplicité des symptômes liée à l’ébranlement des références.

Steve est un sujet dans une fragilité symbolique telle qu’il ne trouve pas dans le personnage maternel un appui suffisant pour appareiller sa jouissance.
Au contraire, faute d’un discours qui ne serait pas que sur le mode de l’insulte ou porteur de l’ambigüité du désir maternel, qui le fige dans son être négatif sans laisser place à une parole subjectivée qui l’aiderait à se construire,
Steve n’a pas d’espace hors du discours maternel pour s’inventer.

Lui reste alors cette position de jouissance addictive et répétitive d’être le phallus maternel. « L'addiction c'est la racine du symptôme qui est fait de la réitération inextinguible du même Un ».
Ce que Miller dit là, c’est que la racine du symptôme n'est pas tout le symptôme et que c’est cette répétition du Un, du même trait Un, qu'on ne peut pas arriver à éteindre. »[9]

Ne lui restent que ses provocations, transgressions qui visent à incarner sa valeur phallique pour soutenir le regard admiratif de sa mère « Steve il a de l’entregent » dit-elle.

Sur le plan social, il y a des réponses chimiques ou répressives, sauf avec la voisine Kayla , qui soutient un vrai dialogue au delà de ses provocations.

 

Dans la séance du 13 novembre 1968 du séminaire « d’un Autre à l’autre » J. Lacan déclare:
« … nous n'avons pas besoin de parier sur l'au-delà pour savoir ce qu'il en vaut là où le plus de jouir se dévoile sous une forme nue, a un nom, ceci s'appelle la perversion. Et c'est bien pour cela qu'à sainte femme fils pervers. »[10]

Objet phallique d’une mère admirative, prête à tout accepter au nom de l’amour, Steve est dans ce dévoilement sans distance de l’objet de jouissance incarné par Die, sa mère, mais aussi par toute femme qui s’inscrit dans cette position, telle la voisine, Kyla.

On peut faire l’hypothèse que derrière ce comportement addictif, Steve est orienté par l’objet

(a ß$) ce qui le fait échapper  à une division subjective.

 

Pour conclure, le toxique ne serait-il pas, dans les rapports humains et d’abord vis à vis de soi-même, le nom d’une jouissance en trop, d’une jouissance qu’il ne faudrait pas, trait de perversion qu’il serait possible de qualifier de toxique ?

 

 

 

 


[1] Brousse M-H : L’expérience des addicts La cause du désir n°88 Octobre 2014

[2] Stevens A. La solitude moderne ou le chaque-Un tout seul Conférence dans le cadre du Pont Freudien (Québec) Octobre 2012  

[3] Stevens A. Intervention dans le cadre du Pont Freudien, Québec

[4] L’invention du partenaire Jacques-Alain Miller

 

[5] Lacan J. Le séminaire livre XX Encore

[6] ibidem

[7] Hugo. V. Les travailleurs de la mer Le livre de poche classique

[8] J.-A. Miller, Le Banquet des Analystes, L'Orientation lacanienne, cours de 1989 -1990

[9] Miller Jacques-Alain, « Lire un symptôme ». Mental, 26, 2011, 49-60.

 

[10] Lacan J. Le séminaire Livre XVI D’un Autre à l’Autre Paris, Seuil, 2006

 

Intervenants

Interventions

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